Rosario

En quittant Buenos Aires en bus pour Rosario assis au premier rang à l’étage, je découvre pour la première fois une pauvreté qui ne se voit pas trop dans la capitale. Il y a bien les villas, version Argentine de la favela, approchées en allant voir le foot à la cancha de San Lorenzo, mais où personne de s’aventure vraiment (400 000 boliviens dans des conditions précaires, dans un petit périmètre si bien que poussent même des contructions à étages).

On continue le tour d’Argentine de la chance en barre : ma voisine est une artiste de 25 ans environs. Mer(cedes) habite Rosario et est très sympa, nous échangeons sur nos goûts musicaux, elle  me montre ses dessins. Un en particulier me marque sur les desaparecidos, illustration du morceau « Los dinosaurios » de Charly Garcia (un monument argentin du rock).

Aquarela desaparecidos

Mer m’explique que les bicyclettes dessinées dans la ville sont le symbole des 350 étudiants de Rosario disparus pendant la dictature. Après le père de Paula à Buenos Aires, les mères de la plaza de Mayo, nouvel indice de la vivacité de cette triste mémoire. Sur un registre plus sympa, elle me parle aussi de ses bons plans dans la villes, bars avec musique live, ateliers d’artistes et autres lieux d’intérêt à ses yeux.

Elle me tire le portrait.

portreto de mer

A mon arrivée à l’auberge la La Lechuza où je suis descendu exprès pour passer Noël,  Laura m’a déjà fait connaitre comme le loup blanc. « Vos sos el amigo de Laura ! » et même un « Salou mec, common ça va ! » : Juan le dueno (proprio de 35 ans) parle bien français, il a vécu à Bordeaux et à Montreuil. Noël s’annonce bien.

Rosario s’étend sur la rive sud du Rio Parana, bordé par une promenade aménagée dans les friches de l’ancien port.

Rio Parana

Quelques plages et surtout « La Isla » en face, accessible en bateau, sont de bons spots pour se dorer ou chercher de l’ombre sous les arbres. L’eau du Rio Parana est chaude (28) et marron, du coup  le léger courant au bord est agréable pour se baigner.

La Isla

Avec ma pote allemande Tatjana, nous découvrons la sale manie des argentins d’aller à la plage avec des énormes enceintes portatives et mettre la Cumbia à fond. Nan j’exagère parfois c’est du merengue.

Ghettoblaster

Il fait si chaud que je m’achète des débardeurs, tout Whatsapp se fout de ma gueule.

débardeur

La zone portuaire à l’abandon est maintenant redynamisée grâce à la promenade tout du long, on y trouve le musée d’art moderne dans des silos à grain, des hotels de luxe. La ville est agréable, verte, calme, étudiante.

Hotel ancien silo

Je découvre mon premier monument à la mémoire des soldats morts pour les Malouines et revendicant leur argentinité. Sur le coup je me dis que c’est local parce que les bateaux sont partis de là. En fait il y a des manifestations de cette blessure un peu partout, la pilule n’est visiblement toujours pas passée pour certains, malgré le lien entre cette guerre et la dictature. Bizarre de continuer à se lamenter sur cette déculottée militaire comme si il fallait la vivre à l’infini, tout ça pour ce bout de caillou dans l’eau, quelque chose m’échappe.

Malvinas, pos siempre argentinas

Vue sur la gare et le Rio Parana depuis le MACRO (Museo de Arte Contemporeano de Rosario)

Vue du haut du MACRO

Pour le réveillon, on se fait des cadeaux tirés au sort. J’achète un débardeur souvenir et je reçois un Pan Dulce (chance, j’adore ça, sorte de panettone : brioche fourée aux fruits confits). Mais aussi en extra cadeau un livre de la part de Tatjana, El Perfume de Patrick Suskind (j’étais rentré dans une parfumerie pour tenter de couvrir l’odeur de chacal de mon écharpe). J’avais aussi expliqué une heure avant à Tatjana, que si je recevais un livre, il ne passerait pas le seuil de l’hostel avec moi, poids oblige. On est le 8 février, j’ai toujours le livre et je m’en sers pour bosser l’espagnol.

Le coup de fil whatsapp video à la famille réunie à LVSH en plein apéro avant le dîner fait plaisir, le décalage horaire est bien foutu.

Whatsapp video

Le lendemain à La Isla on se fait plaisir avec des bon poissons grillés, après tout c’est le déjeuner de Noël.

Poisson grillé

Après avoir consciencieusement écumé les musées, je refais le coup de la visite du cimetière, cette fois les gardiens ne sont pas trop chauds au départ pour que je photographie, ils semblent avoir peur que je leur fasse des trucs scandaleux. Je les convins facilement de me laisser faire en montrant mes photos de Chacarita à Buenos Aires (qui au passage est un coup de cœur).

Cimetirère Rosario

Cimetière statue

Cimetère

Avant de partir pour Iguazu je me fais un tour en vélo en amont du fleuve, vers le pont Rosario-Victoria qui enjambe le Rio vers la mésopotamia (Province « Entre Rios » (Parana et Uruguay)), au retour je tombe sur du poisson de rivière pas cher. Je le cuisine au four avec des papas, des oignons et des tomates, c’est jusqu’à présent ce que je me suis fait de mieux.

Puente Rosario-Victoria

Poisson

A part ça Rosario s’enorgueillit d’être la ville natale d’Ernesto Guevera « El Che » ainsi que le lieu de mise au point du drapeau National par Manuel Belgrano (leader indépendantiste) et son premier hissage.  D’où le très soviétique Monumento Nacional à la Bandera et l’image de ce post baptisé , « Cielo Argentino », sur une idée originale de Tatjana.

Monumento Nacional à la bandera

Départ pour Iguazu le 31/12, seul avion abordable…

Los dinosaurios (Charly Garcia)

Los amigos del barrio pueden desaparecer
Los cantores de radio pueden desaparecer
Los que están en los diarios pueden desaparecer
La persona que amas puede desaparecer
Los que están en el aire pueden desaparecer en el aire
Los que están en la calle pueden desaparecer en la calle
Los amigos del barrio pueden desaparecer
Pero los dinosaurios van a desaparecer

No estoy tranquilo mi amor
Hoy es sábado a la noche
Un amigo está en cana
Oh mi amor
Desaparece el mundo
Si los pesados mi amor llevan todo ese montón
De equipaje en la mano
Oh mi amor, yo quiero estar liviano
Cuando el mundo tira para abajo
Yo no quiero estar atado a nada
Imaginen a los dinosaurios en la cama

Los amigos del barrio pueden desaparecer
Los cantores de radio pueden desaparecer
Los que están en los diarios pueden desaparecer
La persona que amas puede desaparecer
Los que están en el aire pueden desaparecer en el aire
Los que están en la calle pueden desaparecer en la calle
Los amigos del barrio pueden desaparecer
Pero los dinosaurios van a desaparecer

Musica de las calles Rosarinas

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